DIODURUM

 

 

Non loin de notre village des Mesnuls, se trouve l'un des plus importants sites Gallo-romains du nord de la France. Il se situe dans la vallée de la Mauldre, il jouxte le château de Pontchartrain et s'étend au sud de celui-ci sur une superficie d'environ 50 hectares.

Ce site avait pour nom DIODURUM, ce qui signifie : " la Cité des Dieux "

Un peu d'histoire ancienne

Une cité Gallo-romaine située entre le château de Pontchartrain et l'église de Jouars, est dès le 18ème siècle identifiée comme étant DIODURUM, notamment par les " Itinéraires d'Antonin ", sorte de répertoire des agglomérations situées sur les voies romaines qui précise leurs positions et les distances les séparant.

DIODURUM est ainsi positionnée à 15 lieues de Paris (environ 36 Km) et à 22 lieues de Dreux (environ 53 Km). Se trouvant à l'intersection des axes Paris-Dreux et Orléans-la Seine, elle constituait manifestement un grand centre d'échanges et de commerce.

A l'apogée de son développement, soit entre 150 et 250 après J.C., sa population peut être estimée entre 1000 et 1500 habitants, ce qui est important pour l'époque. Elle est presque aussi étendue que Lutèce, mais est toutefois considérée comme ville secondaire, un "vicus" pour les archéologues. C'est une ville étape, on dirait sans doute aujourd'hui une sous-préfecture.

Le nom de "Cité des Dieux" venait probablement de ce que l'on y vénérait et célébrait à la fois les dieux gaulois et les dieux romains, ainsi qu'en attestent les figurations des deux cultes retrouvées plus tard lors de fouilles.

Vers le 6ème siècle la cité s'éteignit pour des raisons non encore connues. Les centres commerciaux et artisanaux se sont sans doute déplacés, entraînant avec eux les populations. Phénomène toujours d'actualité.

La cité, abandonnée,fut alors peu à peu recouverte d'une couche de limon qui atteint actuellement 2 m d'épaisseur. Ce limon fut pour partie apporté par la Mauldre qui à l'époque sillonnait la plaine par de multiples petits chenaux au cours changeant. Son tracé actuel qui date du 17ème' siècle, fut créé pour l'alimentation des bassins du château de Pontchartrain.

Au cours de l'été 1976, caractérisé par une grande sècheresse, une série de photographies aériennes a fait apparaître grâce aux variations de couleur de la végétation, le tracé des rues et de certains bâtiments importants. Ceci, confirmé par les fouilles entreprises en 1994, a permis de reconstituer une vue artistique de ce que pouvait être DIODURUM.

Les fouilles de 1994

Lors des travaux de la déviation autoroutière de Pontchartrain, comme il est de règle, une campagne de fouilles préventives fut entreprise par l'AFAN (Association pour les fouilles archéologiques nationales), aujourd'hui l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) qui dépend du Ministère de la recherche et du Ministère de la culture.

Monsieur Olivier BLIN, Architecte-Archéologue, Ingénieur de recherches à l'INRAP, fut nommé Directeur de l'Opération.

Les premiers sondages firent très rapidement apparaître la richesse archéologique du site et Olivier BLIN obtint en conséquence un délai qui lui permit durant 4 années (jusqu'à fin 1998) de conduire des fouilles approfondies sur les 4 hectares destinés à être couverts de béton et de bitume.

Au cours de ces travaux, Mr BLIN et son équipe accumulèrent les découvertes, qu'il s'agisse d'objets témoins de la vie quotidienne tels que poteries, vaisselle, parures (fibules,...), d'éléments décoratifs (architecture, sculpture,...) ou encore d'indices tels qu'ossements, graines permettant de retrouver les modes de vie et d'alimentation de l'époque.

Il put également faire apparaître le positionnement des habitations et reconstituer les tracés de voirie.

Quel avenir pour DIODURUM ?

Devant les résultats des travaux réalisés sur les 4 ha aujourd'hui définitivement neutralisés par la déviation, un certain nombre de responsables se sont souciés de préserver et mettre en valeur le patrimoine archéologique encore accessible sous les 45 ha non encore exploités, classés en "réserve archéologique".

La municipalité de Pontchartrain, avec le soutien de plusieurs communes environnantes et associations locales mène depuis 2000 un projet en ce sens. Ce projet vient d'aboutir à la création de l'Association pour la promotion du site archéologique de Diodurum (APSAD).

Outre Jouars-Pontchartrain, les communes fondatrices sont : Bazoches, Neauphle-le-Château et Villiers-le-Mahieu. Elles ont été rejointes par Méré, puis plus récemment par Les Mesnuls ce dont la SDM ne peut que se féliciter.

Les objectifs de L'APSAD sont :

  • développer un pôle touristique autour de la découverte de Diodurum par des présentations muséographiques (expositions) et par la découverte vivante des fouilles,
  • mener une action pédagogique de proximité et d'animation auprès du public, des milieux scolaires environnants et des formations spécialisées (universités, écoles d'architecture,...) dans les domaines de l'archéologie et de l'histoire,
  • participer à la préservation et à la mise en valeur d'un paysage,
  • engager une mission de valorisation du patrimoine et de la recherche scientifique.

Parmi les priorités de l'APSAD on peut citer l'étude et la restauration de la ferme d'Ithe, ferme cistercienne qui dépendait de l'abbaye des Vaux de Cernay et dont on peut voir les ruines au sud du château de Pontchartrain, et bien entendu la reprise des fouilles.

Claude GOISNEAU
(source : bulletin SDM Janvier 2003)

 

 

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