Les couloirs aériens

 

 

Beaucoup de Mesnulois ont le sentiment que de plus en plus d'avions survolent notre commune. L'article ci-dessous se propose de faire un point (modeste) sur les couloirs aériens et le projet de réorganisation de la circulation aérienne, arrêté le 10 décembre 2001 par Monsieur le Ministre des transports, et par lequel nous sommes concernés.

Quelques données techniques
Les règles de l'aérodynamique et donc de la sécurité imposent que les avions décollent ou atterrissent face au vent. En conséquence, sur chaque aérodrome, les services de l'aviation civile définissent deux dispositifs de circulation aérienne qui seront utilisés selon la direction du vent :
- Un dispositif dit "configuration face l'ouest" pour les atterrissages et les décollages lorsque le vent vient de l'ouest
- Un dispositif dit "configuration face à l'est" pour les atterrissages et les décollages lorsque le vent vient de l'est
En région parisienne, les statistiques météorologiques sur 30 ans font apparaître une répartition de 60 % de vent d'ouest et de 40 % de vent d'est. Cependant ces statistiques globales peuvent cacher de grandes disparités. Ces variations expliquent qu'une commune puisse être survolée, certains jours, par des avions en montée et à une altitude élevée, et, d'autres jours, par des avions en descente et à une altitude plus faible.
Enfin, il faut constater que les vols ne suivent pas exactement les procédures publiées tant pour les départs que pour les arrivées. La conjonction d'un fort trafic et de la mission prioritaire d'écoulement de celui-ci en toute sécurité, conduit les contrôleurs d'approche à séparer les trajectoires les unes des autres bien en amont des conflits potentiels. Ceci se traduit par une large répartition horizontale des avions qui s'apparente à un phénomène de nappage. Ce phénomène de dispersion est plus prononcé à l'arrivée qu'au départ.

Point sur le projet de réorganisation de la circulation aérienne en région parisienne
Aujourd'hui, les avions à destination de l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle (CDG), en provenance du sud-ouest, de l'Afrique de l'ouest, des Amériques et des îles Britanniques doivent rejoindre l'unique point d'entrée ouest, situé au nord de Chaumont-en-Vexin (point d'entrée qui concentre 40 % des arrivées à CDG). Selon la Direction Régionale de l'Aviation Civile, ces vols (au nombre de 285 par jour) subissent, du fait de cet engorgement, des retards de l'ordre de 45 à 60 minutes aux heures de pointe. La réponse à cette dégradation de la ponctualité nécessite la création d'un nouveau point d'entrée situé au sud-ouest de la région parisienne. Cette création implique une révision de certaines procédures aériennes autour des aéroports de Roissy, Orly et Le Bourget.

Impacts sur notre commune de la réorganisation de la circulation aérienne en région parisienne
Les impacts sont dus principalement aux arrivées par le sud-ouest à l'aéroport de Roissy :
Configuration face à l'ouest
Aujourd'hui notre commune est survolée à une altitude d'environ 3 000 m par des avions en provenance d'Orly (45 vols par jour). Ce couloir aérien est maintenu. Un nouveau couloir aérien est créé pour les avions à destination de Roissy (120 vols par jour) : la procédure se situe globalement sur un axe Maintenon, Feucherolles (hauteur de survol d'environ 5 000 m), La Garenne dans les Hauts-de-Seine (4 000 m) puis Montfermeil en Seine-Saint-Denis (2 000 m) et enfin contournement de Meaux après un virage à gauche (en descente, à partir de 2 000 m). Ces avions nous survoleront à une altitude d'environ 5 000 m.


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Configuration face à l'est
Dans ce cas aussi notre commune est survolée à une altitude d'environ 3 000 m par des avions en provenance d'Orly (45 vols par jour). Ce couloir aérien est maintenu. Un nouveau couloir aérien est créé pour les avions à destination de Roissy (120 vols par jour). La procédure se situe sur un axe Maintenon (hauteur de survol d'environ 4 000 m), Bourdonne (3 000 m) et Thoiry (2 000 m). Au virage de Chanteloup-les-Vignes par la droite la procédure retrouve sa route actuelle. Suite au phénomène de dispersion évoqué précédemment, on peut craindre qu'une partie importante de ces avions nous survole à une altitude d'environ 2 500 m.


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Demandes des Associations de défense de l'environnement
Ile-de-France Environnement (IDFE), qui représente quelques 300 associations de protection de l'environnement et de la qualité de vie en Ile-de-France, dont la SDM à travers l'association JADE, a fait les demandes suivantes concernant les couloirs aériens :
- Faire suivre pour toute modification ou création de routes aériennes les procédures appliquées aux infrastructures terrestres et aux installations classées, à savoir : enquête d'utilité publique après concertation avec les élus, associations et populations concernés. Aujourd'hui la DGAC a tous pouvoirs pour définir la circulation aérienne en fonction de ses seuls objectifs et sans en référer à qui que ce soit.
- Dans les études de nouveaux couloirs, placer le critère environnemental (actuellement en dernière position) en deuxième priorité de l'Administration, immédiatement derrière le critère de sécurité, et avant les critères de fluidité du trafic et de rentabilité des compagnies.
- Modérer la croissance du transport aérien afin de maîtriser les pollutions sonores et atmosphériques qu'il engendre : améliorer le taux de remplissage des avions, développer les liaisons courtes par TGV, etc...

La réalisation d'un 3ème aéroport en région parisienne va être l'occasion de maintenir ces demandes pour les couloirs aériens à créer et/ou à modifier.

Francis DAZIN
(source : bulletin SDM Janvier 2002)

 

 

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