Un blason pour Les Mesnuls

 

 

UN BLASON POUR LES MESNULS

(page en construction : illustrations à venir)

Alors que de nombreuses villes et régions sont dotées de blasons, le village des Mesnuls en est lui dépourvu.

Ceci est d'autant plus paradoxal que Les Mesnuls est un village qui peut légitimement faire état d'un patrimoine historique et qui, par le passé, en tant que fief, puis seigneurie, puis comté, a eu ses propres armoiries.

Il suffit de regarder autour de nous pour constater que cet usage est très répandu.

En voici quelques exemples :

Montfort
L'Amaury
La Queue
Lez-Yvelines
Le Perray
en Yvelines
Jouars
Pontchartrain
Neauphle
le Château

 

Quelques mots sur le blason

Le blason, dont les origines remontent à la fin du XI° siècle est une création originale de l'occident médiéval.
Sa nécessité est apparue alors, car, les chevaliers dont le visage était totalement protégé et donc dissimulé par les casques de l'époque (heaume avec nasal), avaient besoin de se reconnaître sur les champs de bataille et pour cela peignaient des signes distinctifs sur leurs boucliers.
De cette origine militaire, le phénomène est devenu social et a été repris dans la démarche de recherche d'identité qui, de tout temps, a animé les individus et les groupes de personnes.

L'assimilation des armoiries à la Noblesse est une erreur historique qui date de la Révolution, quand en 1790 l'Assemblée Constituante décida la suppression des armoiries en même temps que celle de la Noblesse, des titres, fiefs, ordres, etc...
En effet, si les blasons furent à l'origine adoptés par les chevaliers comme indiqué plus haut, les bourgeois des grandes villes s'en dotèrent à partir de 1220, les paysans vers 1230 et les communautés civiles dès 1199 (Lille), 1204 ( Paris).
Après le triste épisode révolutionnaire où fut détruit ou saccagé tout ce qui portait blason (vitraux, monuments,...) les armoiries furent rétablies par Napoléon en 1808.

A l'étranger, à l'exception de l'Angleterre, de la Belgique et des Pays-Bas qui en limitent le port, l'usage du blason est très général et dans les pays de l'Est, presque tous les villages ont le leur. Même en URSS, c'est sous Lénine que la plupart des villes et des institutions s'en sont dotées.

Pourquoi un blason ?

Le blason est un signe d'appartenance à une communauté humaine et/ou territoriale, depuis la Famille jusqu'à la Nation, en passant par le département ou la région, et bien entendu la ville ou le village.
Il est communément utilisé pour identifier ladite communauté et figure à ce titre sur les documents officiels, papier à lettre des Mairies, marques d'affranchissement postal, etc... et sur les éléments décoratifs tels que drapeaux et oriflammes, ou utilitaires tels que mobilier urbain, véhicules,...

Blason ou logo ?

A partir du moment où on cherche à définir un symbole d'appartenance, la question peut légitimement se poser.
Il semble toutefois que le blason soit mieux adapté qu'un simple logo à la représentation d'une commune.
Parmi les éléments qui plaident en sa faveur, on peut citer l'usage, la force évocatrice et la pérennité.

Pour l'usage, il est évident que le blason a constitué et constitue encore le média le plus utilisé pour la représentation symbolique d'une communauté. Le logo est généralement conçu pour représenter une entreprise industrielle ou commerciale et pour matérialiser l'appartenance d'un produit à une marque.

Pour le coté évocateur, le blason offre la possibilité d'utiliser des éléments ayant une force d'évocation très marquée pour rappeler l'environnement et l'histoire.

Concernant la pérennité, on se rend compte que le blason ne vieillit pas.
Ceci n'est pas le cas des logos qui ont tendance à suivre les modes. A l'exception de quelques marques de prestige ou de celles dont le graphisme de logo résiste au temps, périodiquement, les marques modifient leur logo dans le souci commercial de montrer qu'elles sont dynamiques et restent à l'avant-garde.

Comment constituer un blason ?

Pour cela, presque tout est possible et a été pratiqué. En dehors de la protection légale qui s'applique aux armoiries existantes, il n'y a pas de réglementation stricto sensu, mais il existe des règles d'usage, notamment pour les mariages de couleurs, les meubles de certains blasons anciens, en particulier pour l'usage des fleurs de lis,...
Une règle fondamentale, dite d'alternance, veut qu'on ne mette jamais métal sur métal et couleur sur couleur. Rappelons qu'en héraldique les métaux sont or (jaune) et argent (blanc ou argenté), et les couleurs gueules (rouge), sable (noir), azur (bleu), sinople (vert), pourpre (violacé), et carnation (rose chair).
Dans la pratique il y eut des armoiries dites "parlantes" basées sur la phonétique d'un nom. Un exemple célèbre est celui de Racine sur le blason duquel figuraient un rat et un cygne !
Il y eut ainsi des armoiries "allusives"(nef de Paris rappelant le transport fluvial), "symboliques"(lion pour la vaillance), etc...
Plus communément, on adopte maintenant des approches environnementales, historiques ou mixtes.

Approche environnementale

Elle consiste à rechercher les éléments qui caractérisent au mieux l'environnement de la communauté concernée.

En examinant par exemple le cas de La Queue Lez-Yvelines dont le blason est représenté plus haut, on y trouve un moulin car il y en avait autrefois sur les hauteurs où fut installé ensuite un télégraphe Chappe; une diligence car la commune était relais de poste sur la route Paris-Brest. Figurent également des arbres à cause de la forêt de chênes et des plantes aquatiques rappelant les sols très humides de la région.

Approche historique

Ce cas peut être illustré par le blason de Montfort-l'Amaury représenté plus haut et rappelé ci-dessous.

Il réunit en effet les armes de la famille de Montfort auxquelles on a ajouté à la partie supérieure de l'écu (en chef en termes d'héraldique) les hermines rappelant qu'en 1365 le Comté de Montfort devint propriété d'Anne de Bretagne.

"de Gueules au lion d'argent, la queue nouée, passée en sautoir, avec le chef d'argent semé d'hermines"

 

Approche mixte

Elle consiste à mixer des éléments de caractéristiques diverses symbolisant chacun un aspect particulier de la communauté concernée.

Pour Les Mesnuls on peut ainsi envisager de regrouper :
.un élément rappelant le passé historique (partie d'un ancien blason)
.un élément environnemental fort (le château)
.un élément rappelant l'environnement naturel (la Guyonne)
.un élément rappelant l'appartenance à une région (Ile de France)

C'est cette approche que nous allons privilégier et développer.

Pour cela commençons par une petite recherche historique sur ce que furent les blasons des anciens seigneurs des Mesnuls.

 

PETIT RAPPEL HISTORIQUE

Les premiers écrits signalant la présence d'un "fief" aux Mesnuls datent de 1225 et figurent au cartulaire de Louis de Montfort. Rappelons qu'au moyen age, un cartulaire était un registre contenant la transcription in extenso des titres de propriété d'une seigneurie laïque ou ecclésiastique.

Le premier seigneur dont il est fait état est Ernaut des Mesnuls en 1230.

Puis le fief fut successivement propriété de :
.Jehan GAUTHIER
.Robert DUPORT
.Jehan DUMOR
.Simon de MAINTENON (1460)
.Jehan NIARD
.Pierre CHAPILLARD (1480)

De tous ces personnages on ne trouve malheureusement pas trace dans les principaux ouvrages de référence traitant de la généalogie et des armes de la noblesse de France tels que : .Dictionnaire de la Noblesse de la Chesnaye-Desbois (1863)
.Le Nobiliaire et Armorial du Comté de Montfort
.Histoire généalogique et chronologique de la Maison Royale de France par le Père Anselme (1726)...

Les premiers seigneurs parfaitement identifiés furent successivement :
.Christophe de REFUGE (1530)
.Robert de COMBAULT (1575)
.Bénigne BERNARD (1606)
.Achille COURTIN (1637)

Nous allons nous intéresser plus particulièrement à Christophe de REFUGE, à Robert de COMBAULT et à Achille COURTIN, car il n'a pas été trouvé trace de blason pour Bénigne BERNARD. Celui-ci obtint d'ailleurs du prince de CONDE la permission de mettre les armoiries des CONDE sur la porte du château des Mesnuls.

Vinrent ensuite :
.Le Maréchal de VILLARS (1731)
.Baltazar comte WALL (1739)
.de SALLABERY (1767)
.Le Comte de MAUPEOU (1876)...

Christophe de REFUGE

Christophe de REFUGE, seigneur de MAROLLES et des MESNULS, fut Correcteur des Comptes et Maître d'Hôtel de Charles, Duc d'ALENCON.

Il était le septième fils de Raoul de REFUGE, Conseiller du roi Charles VII et Maître des Comptes, et le petit-fils de Jean de REFUGE, Général des finances, Conseiller de Louis, Duc d'ORLEANS, frère de Charles VI.

La famille de REFUGE, d'origine bretonne, est considérée comme "noble d'ancienne extraction" et on peut remonter son arbre généalogique jusqu'aux environs de 1350.

Christophe de REFUGE a marqué particulièrement le fief des Mesnuls.

C'est lui qui a fait construire la partie du château comprenant la poterne et les bâtiments qui y sont attachés. Il fit également creuser les douves.
Il agrandit considérablement sa seigneurie en faisant l'acquisition de petits fiefs environnants, dont celui des Essartons, ainsi que les arrière-fiefs de Chateluis, la Millière et le Jardin. Il constitua ainsi une unité territoriale proche de ce qu'est la commune des Mesnuls aujourd'hui.

Les armes de Christophe de REFUGE

" d'argent à deux fasces de gueules à deux bisses affrontées d'azur en pal, languées de gueules, brochant sur le tout "

 

Robert de COMBAULT

Après la mort de Christophe de REFUGE, son fils Charles vendit la seigneurie des Mesnuls à Robert de COMBAULT le 10 avril 1575.

Robert de COMBAULT, seigneur de Vasseulx en Champagne, était Chevalier des deux ordres du roi Henri III, gentilhomme de sa chambre et capitaine des gardes de la reine.

Il occupait un rang très élevé à la cour du roi et obtint de celui-ci en 1578, le droit de haute, moyenne et basse justice sur la seigneurie des Mesnuls.

Il poursuivit l'oeuvre de Christophe de REFUGE en agrandissant encore la seigneurie par l'acquisition, entre autres, du fief du Chêne Rogneux (aujourd'hui sur Grosrouvre) et de celui de Beauregard (Blainvilliers).

C'est lui qui entreprit la construction du château actuel - aile ouest et façade - qui sera poursuivie par son successeur.

Les armes de Robert de COMBAULT

" d'or à trois merlettes de sable et à l'orle de huit coquilles d'azur, chef de gueules chargé à dextre d'un écu d'or au lion de gueules "

 

 

 

 

 

 

Achille COURTIN

S'il est certain qu'après Bénigne BERNARD, la seigneurie des Mesnuls devint en 1637 propriété de la famille COURTIN, on peut avoir un doute sur le prénom du propriétaire. S'agissait-il d'Achille ou bien d'Honoré ?

Si dans son " Esquisse historique sur la seigneurie des MESNULS ", le Comte Richard de Nugent parle d'un Achille, dans les nobiliaires et à la même date on n'en trouve aucune trace, mais par contre on cite un Honoré seigneur des Mesnuls !

Comme il y a concordance de date et de titre, il s'agit très probablement du même personnage. Continuons donc à l'appeler Achille.

Il était issu d'une très ancienne famille dont on retrouve des traces dès 1345 dans la région de Blois.

Achille COURTIN était Maître des Requêtes et l'un des favoris du roi Henri III. Il obtint de ce monarque que la seigneurie des Mesnuls devienne un Comté.

Les armes d'Achille COURTIN

" d'azur à la fasce ondée d'argent, accompagnée en chef d'un lion issant d'or accosté à dextre d'une fleur de lis d'or et en pointe de trois trèfles arrachés, aussi d'or "

 

 

 

 

 

 

 

Le Maréchal de VILLARS

Il succéda à Achille COURTIN.

Ses armes :

" d'azur à trois molettes d'or,au chef d'argent, chargé d'un lion léopardé, de gueules "

 

LES BLASONS REGIONAUX

L'apparentement régional peut être recherché, soit dans le symbolisme départemental, soit dans le provincial.

Au niveau départemental :

Les armoiries des Yvelines ont été créées pour le département de Seine et Oise. Elles reprennent des éléments des armoiries des anciennes provinces d'Ile de France et du Vexin Français, à savoir : fleurs de lis d'or sur fond bleu, auxquels deux bandes argent ont été ajoutées, symbolisant la Seine et l'Oise.

" d'azur semé de fleurs de lis d'or, deux bandes ondées d'argent brochant sur le tout "

Au niveau régional

Les armoiries d'Ile de France sont constituées "d'azur semé de fleurs de lis d'or".

 

PROPOSITIONS DE BLASON POUR LES MESNULS

Les blasons proposés sont constitués de plusieurs éléments ou groupes d'éléments, chacun ayant son rôle évocateur spécifique:

1/Rappel Historique : Trois merlettes noires sur fond or ou argent rappelant les armes de Robert de Combault, ancien seigneur des Mesnuls,
2/Rappels Environnementaux : Le Château, la Guyonne (barre ondée),
3/Rappel régional éventuel : Semis de fleurs de lis venant des armoiries d'Ile de France.

Les représentations ci-après illustrent quelques réalisations possibles correspondant à ces propositions.

 

Proposition 1
Proposition 2

 

Proposition 3
Proposition 4

 

Pour en savoir plus :
Bibliographie: Outre les ouvrages cités dans le texte, on peut consulter :

L'Armorial du XXème siècle publié par le Conseil français d'héraldique
Traité d'héraldique par M. Pastoureau Editions Picard
Le Grand Livre de l'héraldique par O.Neubecker Editions Bordas
Manuel du blason par D.L.Galbreath et L. Jéquier Editions Spes
Bibliographie généalogique, héraldique et nobiliaire de la France par G.Saffroy

Sur Internet : www.geneaguide.com/heraldique

Claude GOISNEAU
(source : bulletin SDM Juin 2002)

 

 

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