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Le 15 novembre 2001, le gouvernement a pris la décision de
faire construire le 3ème aéroport de la région
parisienne sur le site de Chaulnes (Somme). Cette décision est
l'occasion de faire le point sur ce dossier.
Situation actuelle
Dans sa configuration actuelle, l'aéroport de Roissy, auquel
on a ajouté récemment deux nouvelles pistes peut accueillir
80 millions de passagers par an. L'an dernier, il en a reçu 48,3
millions. Le Ministre des transports, Monsieur Jean-Claude Gayssot,
a promis que l'on n'irait pas au delà de 55 millions. De même
les pouvoirs publics ont volontairement bridé les capacités
de l'aéroport d'Orly à 250 000 mouvements d'avion par
an, ce qui correspond actuellement à 25 millions de passagers,
pour un potentiel de 38 millions de personnes.
Evolution du trafic
Le trafic aérien a augmenté en 2000 de 6,7 % sur les aéroports
parisiens. A un rythme de croissance moyen de 5 % par an, les seuils
définis précédemment seront franchis dans les dix
prochaines années (une augmentation moyenne de 7 % par an équivaut
à un doublement du trafic en 10 ans). Cependant de nombreuses
voix s'élèvent pour dire que les 5 à 6 milliards
d'Euros qui doivent être investis dans ce projet pourraient être
utilisés différemment :
- Améliorer les équipements pour lutter contre le bruit
et les nuisances permettant d'utiliser à plein les plates-formes
existantes
- Développer les aéroports régionaux comme ceux
de Lyon et Nantes : près de la moitié des passagers d'Orly
et près de 20 % de ceux de Roissy viennent à Paris pour
prendre l'avion
Position des Associations de défense de l'environnement
Pour les associations de défense de l'environnement, la nouvelle
plate-forme devait respecter les critères suivants :
- Etre située à plus de 100 km de Paris pour que les
emplois créés sur et autour de la plate-forme constituent
un pôle d'emploi et d'habitat situé en dehors de la zone
urbaine parisienne dense.
- Etre raccordable à une ligne TGV non saturée la reliant
à Paris et à Roissy en moins d'une heure
- Etre située de telle manière que les circuits d'approche
et de décollage à moins de 3000 m d'altitude touchent
un minimum de population et ne survolent pas la région Ile-de-France
afin de ne pas créer de nouvelles nuisances sonores ou de pollution
atmosphérique pour les Franciliens.
- Rendre inconstructibles les terrains situés en zone de bruit
Pour ces raisons, l'Association Ile-De-France-Environnement avait souligné
avec force l'intérêt de la candidature de Vatry. Situé
dans une zone exceptionnellement peu habitée, susceptible de
bénéficier d'une nouvelle ligne TGV non saturée
avant longtemps, cet aéroport est déjà en fonctionnement.
Il est donc susceptible d'accueillir un trafic nouveau dans des délais
rapides pour un effort d'investissement public largement inférieur
à ce qu'il serait pour la création d'un nouvel aéroport.
Choisir l'aménagement d'une plate-forme qui ne serait disponible
que dans une quinzaine d'années, ce qui est le cas du site de
Chaulnes, revient à admettre implicitement une remise en cause
des plafonnements de trafic actuellement en vigueur.
Pour conclure rappelons que la décision prise peut très
bien être remise en cause dans quelques mois (échéances
électorales) et que nous ne sommes pas à l'abri d'un retour
du projet de Beauvilliers beaucoup plus proche de nous, les récentes
décisions ayant montré que les critères politiques
prennent souvent le pas sur les critères techniques ou même
de simple bon sens.
Pour plus d'informations, vous pouvez consulter les sites Internet
suivants :
- Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC) : www.dgac.fr
- Union Française Contre les Nuisances Aériennes (UFCNA)
: www.ufcna.com
Francis DAZIN
(source : bulletin SDM Janvier 2002)
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